L’une des expériences les plus rares et les plus traumatisantes pour un Parisien, après celle de passer un samedi après-midi aux Halles ou de se promener sur les Champs-Elysées un dimanche : traverser le boulevard périphérique.

De même, peu de touristes s’aventurent hors de la capitale française, sauf pour se rendre au château de Versailles, ou à celui de Mickey.

Pourtant, en petite comme en grande couronne, l’Île-de-France compte de nombreux lieux à découvrir, tous plus originaux, beaux, ou étranges les uns que les autres.

Les jardins Albert-Kahn

Commençons doucement, avec un lieu magique et accessible en métro (ligne 9).

Banquier toute sa vie, mais philanthrope pour la postérité, Albert Kahn s’installe à la fin du XIXème siècle à Boulogne-Billancourt. Il y achète une maison entourée de plusieurs hectares de jardins. Si la demeure deviendra un musée, les jardins eux n’ont pas beaucoup changé depuis la mort de l’ancien propriétaire.

Les 4 hectares sont divisés en 7 jardins : un jardin français, une roseraie et un verger, un jardin anglais, une forêt bleue et un marais, une forêt dorée et une prairie, un jardin japonais, et enfin une forêt vosgienne.

Cette grande diversité des espaces amène alors le visiteur à faire une sorte de tour du monde végétal, pour quelques heures en dehors du temps, au calme, à quelques kilomètres de l’une des métropoles les plus dynamiques du monde.

La Basilique de Saint-Denis

Saint-Denis bouge et, petit-à-petit, attire toujours plus de monde. Elle ne s’impose cependant pas comme une destination touristique de premier ordre.

Pourtant, elle accueille l’un des joyaux de l’Histoire de France : la Basilique Cathédrale Saint-Denis.

De Dagobert à Louis XVIII en passant par François Ier et Louis XIV, les plus grands monarques de l’Histoire sont inhumés les uns aux côtés des autres. La nécropole accueille aussi la famille royale ainsi que certains des plus grands serviteurs du royaume.

Tombeaux, sculptures, gisants : les plus grands artistes ont réalisé des prouesses pour rendre hommages à ceux qui ont gouverné la France pendant plus d’un millénaire.

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Les Arcades du Lac

Changement total d’ambiance, et de lieu. Dans les Yvelines, à Montigny-le-Bretonneux, se dressent les Arcades du lac.

Années 60. Après une phase utilitariste défendue par le mouvement moderniste et son fer de lance, le Corbusier, les post-modernes profitent de la naissance des villes nouvelles pour y appliquer leurs idées en termes d’architecture et d’urbanisme.

C’est ainsi que naissent des ensembles comme les Arcades du Lac, pensées par Ricardo Bofill. Son objectif ? Magnifier le quotidien des habitants en faisant vivre tout un chacun dans des œuvres d’arts.

Et c’est surtout le viaduc qui retient l’attention. Véritable pied de nez aux conventions, il consiste en un alignement d’immeubles posés sur un lac, comme flottants, loin de la surconcentration des villes.

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Les espaces d’Abraxas

Aussi éloignés géographiquement des Arcades du Lac, que proches conceptuellement, les espaces d’Abraxas se trouvent en plein cœur de la Seine-Saint-Denis, à Noisy-le-Grand.

Aux commandes ? Toujours le même Ricardo Bofill. Avec cette même volonté d’innover tout en ne perdant pas de vue l’objectif initial : créer des lieux de vie !

Utilisant des matériaux innovants pour l’époque, mais s’inspirant des formes des bâtiments historiques, les espaces d’Abraxas impressionnent.

Les visitant, on hésite entre la fascination et l’angoisse. Mais ces lieux ne peuvent en aucun cas vous laisser indifférent.

Un sentiment partagé par les studios hollywoodiens. C’est ainsi que les lieux furent réquisitionnés pour accueillir le tournage d’une partie de la saga Hunger Games.

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Le village sourd (Vieux-Pays de Goussainville)

Nous sommes en 1973. Face à la forte croissance du trafic au départ et à l’arrivée de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, une nouvelle piste est construite, plaçant le village du Vieux-Goussainville juste au dessous d’un nouveau couloir aérien.

La société exploitante de l’aéroport propose alors de racheter au double de leur prix les habitations de ce qui est alors le centre-ville (déplacé depuis à quelques kilomètres de là).

Mais les maisons achetées ne peuvent être détruites. Elles se trouvent en effet à proximité de l’église romane du village, classée.

C’est ainsi que règne dans ce quartier une ambiance très particulière de ville fantôme. Avec de nombreuses maisons qui tombent en ruines, leurs toitures s’effondrant.

Le lieux le plus marquant restant l’ancien manoir : envahi par les herbes et autres végétaux, taggué ; il ne reste que les murs.

D’autres maisons, quittées précipitamment, sont encore meublées en parties, et équipées.

Une visite qui vous laissera sans voix.

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